Au fur et à mesure que nous nous enfonçons dans l'austérité
grandit l'idée que plus personne (ou presque) n'est à l'abri d'une
précarisation qui peut très vite
conduire chacun à ce fameux seuil moyen de pauvreté estimé entre 814 et 900
euros de revenus mensuels pour une personne seule en France. (Selon qu'on prend 50% ou 60% du revenu médian)
En réalité il ne faut pas beaucoup chercher pour trouver de
plus en plus de cas sociaux d'hommes, de femmes, de personnes âgées et de
familles qui survivent avec moins que ça, beaucoup moins !
Pourtant, en euros constants,
le niveau du seuil de pauvreté s'est élevé entre 1970 et 2011 : les
pauvres seraient-ils moins pauvres ? Relativement oui, grâce à la période
des « 30 glorieuses » et puis la courbe s'est de nouveau infléchie.
Nous ne sortons plus d'une zone de grandes turbulences.
Mais on ne vit pas à la même époque et les besoins se sont
multipliés ainsi que le nombre de celles et ceux qui ont vu leurs revenus
diminuer : chômage total ou partiel, retraites réduites, prestations
sociales, politique fiscale (TVA pénalisant les plus modestes notamment),
évolution des loyers et charges, prix du gaz et de l'électricité en partie
privatisés, des transports, charges de santé...
Derrière les statistiques, les moyennes, il y a des
disparités énormes de revenus et autant de situations dramatiques, de
privations sur le nécessaire avec toutes les conséquences sur la santé, les
relations familiales et sociales, jusqu'aux drames humains que l'on cache
derrière « la fragilité psychologique » des individus pour ne pas
voir la conséquence de la grande pauvreté qui explose dans des pays comme le
nôtre, dits « riches », disposant encore de certaines avancées sociales qui se réduisent comme peau
de chagrin.
Heureusement il y a aussi la solidarité, les bénévoles des
associations comme le Secours populaire, le Secours catholique, les Restaurants
du Coeur, Promosoins..pour atténuer les conséquences d'une misère le plus
souvent pudique alors que s'étalent les profits gigantesques de quelques-uns,
le luxe et l'insolence des revenus d'une infime minorité dont on glorifie
l'exemple et le mérite !
Parce qu'elles s'accroissent au lieu de se réduire, ces
inégalités sont devenues insupportables à ceux qui les subissent d'abord et
inquiètent ceux qui se sentent menacés.
Et s'il y a parfois des actes illicites, un accroissement des
vols dans nos grandes surfaces regorgeant de tout devant ceux qui n'ont rien ou
presque, il faut ne jamais avoir eu faim ou froid ou simplement de cœur, pour
jeter la pierre à quelques faiblesses cédant aux sirènes de cette course à la consommation pour laquelle
nous sommes conditionnés sans nous en apercevoir.
Plus nous sommes dans les difficultés plus nous avons le
sentiment que nous n'y pouvons rien, qu'il n'y a pas d'issue, la fatalité, en
quelque sorte. La désespérance prend des proportions inquiétantes. Nous sommes
dans cette phase où les « politiques » comme on dit ne semblent plus
avoir de prise sur nos vies. Sinon dans le mauvais sens. N'épargnons pas les
responsables : il y en a !
Exprimons notre refus de la résignation au pire et nous
rallumerons les étoiles de la confiance dans un avenir de justice, de progrès,
de fraternité. Relevons le défi de faire grandir une vraie gauche de courage
pour l'Humain d'abord.
René Fredon
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