C'est un monde, la chronique de José Fort. "Il est peut-être temps pour les Etats-Unis de modifier les relations qu'ils entretiennent avec Cuba, sous embargo américain depuis plus d'un demi-siècle", a estimé le président américain vendredi soir.
Barak Obama présidait, vendredi soir à Miami dans l’Etat de Floride, une soirée de collecte de fonds en faveur du Parti démocrate. Une ville et un Etat où vivent de nombreux nord-américains d’origine cubaine, un repaire d’anticastristes virulents et de terroristes connus comme le sinistre Luis Posada Carriles, ancien de la CIA et organisateur de l’attentat contre un avion cubain en octobre 1976 à la Barbade. La Floride est connue aussi comme accueillant pour une retraite dorée la plupart des dictateurs latino-américains encore en vie.
"Mettre à jour nos politiques"
Barak Obama a fait une déclaration qui, selon plusieurs témoins, a figé son auditoire: «Il est peut-être temps pour les Etats-Unis de modifier les relations qu'ils entretiennent avec Cuba, sous embargo américain depuis plus d'un demi-siècle", a-t-il indiqué avant d’ajouter : « Nous devons être créatifs, nous devons être réfléchis, et nous devons continuer à mettre à jour nos politiques. Gardez en tête qu'au moment de la prise de pouvoir de M. Castro, je venais tout juste de naître. Alors l'idée que les politiques mises en place en 1961 demeurent efficaces aujourd'hui, à l'ère de l'Internet, de Google et de voyages à travers le monde, n'a plus aucun sens ».
Ce n’est pas tout. Il a ajouté que la nouvelle génération de responsables politiques aux Etats-Unis et des Américains d'ascendance cubaine sont sans doute les plus à même d'inventer les « nouveaux mécanismes » capables d'apporter le changement sur l'île ». « Je pense, » a-t-il conclu, que nous savons tous, qu'en fin de compte, la liberté à Cuba viendra grâce aux militants extraordinaires et les Etats-Unis peuvent apporter leur aide ».
Dialogue
Rappel. Les Etats-Unis ont rompu leurs liens diplomatiques avec Cuba en janvier 1961 et ont imposé un blocus économique et commercial contre Cuba l'année suivante. L'Assemblée générale de l'ONU, pour la 22ème année consécutive, vient d’adopter une nouvelle résolution exhortant les Etats-Unis à lever le blocus contre Cuba. Lors de son premier mandat, l'administration Obama a allégé les limites sur les envois de fonds et les voyages à Cuba. Raul Castro s'est également déclaré prêt à s'engager dans un dialogue avec les Etats-Unis, sans conditions préalables.
La déclaration de Barak Obama constitue une avancée significative. Pour la première fois, le président US évoque le blocus imposé à Cuba. Ce n’est pas rien même s’il rassure son auditoire en soulignant « l’aide » des Etats-Unis pour trouver de « nouveaux mécanismes » en vue de « changement » et de « liberté » à Cuba. L’objectif de M. Obama et des dirigeants nord-américains n’a pas bougé : renverser la révolution cubaine.
Le poids de l’électorat latino
Plusieurs raisons expliquent l’évolution du président des Etats-Unis: le poids de l’électorat latino comme le confirme l’élection du maire de New York, les modifications intervenus au sein même de la communauté cubaine de Miami, les progrès enregistrés avec les adaptations de la politique économique cubaine, la nouvelle réalité latino-américaine et un pari sur les nouvelles technologies. Quoi qu’il en soit, après le discours de Miami, on se prête à prendre au mot Obama: chiche de lever totalement le blocus? Chiche de libérer les quatre patriotes cubains injustement emprisonnés aux USA? Chiche de rendre Guantanamo? Chiche, Monsieur le Président?
José Fort
http://www.humanite.fr/
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